Durant dix ans, Anna Roy, sage-femme, a lutté en silence contre son addiction au sucre, cachant ses souffrances et ses problèmes de santé. Dans un témoignage poignant, elle raconte sa descente aux enfers et la solitude du sevrage, évoquant comment elle s'est "réveillée d'un très long coma".
Un goût irrésistible pour le sucre
Pour Anna, la pensée du sucre devenait omniprésente, lui apportant un réconfort illusoire. Chaque jour, elle se préparait des goûters riches en pâtisseries et autres douceurs, se promettant qu'elle ne se laisserait aller qu'à 17 heures. Ce rituel lui servait de moyen pour tenir le coup, mais elle finissait par ingérer du sucre sans relâche jusqu'à l'heure du coucher, s'auto-sabotant sous prétexte d'un plaisir éphémère.
Le poids des conséquences
Au cours de l’année 2013, Anna a pris 58 kilos, atteignant un total alarmant de 126. Consciente de la gravité de sa situation, elle a finalement compris que son rapport au sucre était bien plus qu’un simple plaisir : il s’agissait d’une véritable addiction. Des problèmes de santé tels que l'hypertension et l'hypoglycémie commencent à la rattraper.
Le choc qui a tout changé
La mort de son père a été un catalyseur de sa chute. Ce traumatisme profond, couplé à d'autres événements tragiques dans sa vie, l'a poussée à chercher du réconfort dans la nourriture, voire à se mutiler émotionnellement. Elle évoque également des agressions passées qui ont alimenté son besoin de se cacher derrière une façade de normalité.
Sa prise de conscience est venue de manière brutale lorsqu'une amie lui a fait comprendre la gravité de la situation : "Si tu continues comme ça, tu vas mourir". Cette phrase a sonné comme un électrochoc, réveillant en elle une envie de vivre plus forte que l’attrait pour le sucre.
Un sevrage difficile mais libérateur
Le sevrage s'avère être une épreuve douloureuse. Anna, sans accompagnement, doit affronter ses démons. Elle entreprend alors un parcours de soutien personnel en s’investissant dans des podcasts et en adoptant des habitudes alimentaires plus saines. Jour après jour, elle se libère de cette addiction qui l'anesthésiait.
Petit à petit, elle observe les bénéfices de son sevrage : une normalisation de sa tension artérielle et de sa glycémie, une amélioration de son humeur, et une diminution de ses douleurs chroniques. Anna se sent renaître, plus vivante que jamais, révélant que toutes ses émotions sont plus intenses, tant positives que négatives.
À lire pour en savoir plus : Énorme, par Anna Roy (éd. Larousse)







