Des vidéos virales et une esthétique troublante : le hashtag #skinnytok dévoile une réalité inquiétante qui menace nos jeunes. Des phrases percutantes comme "J'espère que ce que tu as mangé vaut la peine d'être gros cet été" circulent largement sur TikTok, incitant à la maigreur sans nuance ni avertissement.
À l'approche de la semaine mondiale de sensibilisation aux troubles des conduites alimentaires (TCA), prévue du 2 au 8 juin 2025, la Fédération Française Anorexie Boulimie (FFAB) alerte sur une résurgence alarmante de contenus prônant des restrictions alimentaires extrêmes, couverts sous le prétexte de motivation.
Une profession de foi pour la maigreur
Le mouvement "pro-ana", qui a émergé au début des années 2000, n'a jamais disparu. Sous une nouvelle forme, celui-ci se manifeste aujourd'hui à travers des contenus courts et captivants, propulsés par les algorithmes de TikTok. Une simple recherche permet de tomber sur des vidéos encourageant la privation calorique ou exprimant de la culpabilité après un repas. Malgré la diversité des hashtags, le message reste identique : glorification de la maigreur et rejet de toute diversité corporelle.
Ces messages, souvent accompagnés de musiques apaisantes, sont destinés aux préadolescents, qui deviennent des cibles régulières de ces injonctions sanitaires. Dans ce scénario, la souffrance est perçue non comme un symptôme, mais comme un modèle de réussite.
Les dangers du mouvement #skinnytok
La FFAB met en lumière plusieurs problématiques préoccupantes :
- Un discours culpabilisant : masqué sous des apparences de motivation, il provoque honte et auto-évaluation négative, deux facteurs majeurs dans l'initiation ou l'aggravation des TCA.
- Des méthodes extrêmes normalisées : régimes sévères, élimination de certains groupes alimentaires, et valorisation de l'effort douloureux deviennent des normes.
- Une esthétique nocive : la maigreur se transforme en idéal, exacerbant l'insatisfaction corporelle, un facteur de risque reconnu pour les TCA.
Cette dynamique néfaste crée un cercle vicieux où les jeunes, influencés par des modèles virtuels, mettent leur santé mentale et physique en péril.
Agir pour changer la donne
La réponse à ce problème ne peut se limiter à dénoncer ces contenus. La FFAB préconise une approche globale :
- Réguler l'accès aux contenus nuisibles : mise en place d'une modération stricte sur les plateformes pour protéger les utilisateurs mineurs.
- Renforcer l'éducation numérique : informer les jeunes sur les messages véhiculés en ligne et les impliquer dans une réflexion critique.
- Prévention des TCA : adopter une approche holistique en abordant les facteurs psychologiques et sociaux liés.
- Accroître l'accessibilité des soins : développer des filières adaptées pour un accompagnement préventif et de qualité.
Après la pandémie de Covid-19, les professionnels constatent une augmentation des consultations pour des troubles alimentaires, souvent chez des enfants de plus en plus jeunes. Étant donné que ces troubles affichent des taux de mortalité alarmants en psychiatrie, il devient impératif d'agir rapidement face à une situation de plus en plus préoccupante, en prenant en compte les dérives numériques qui nourrissent ce phénomène.







