Des chefs unis par un amour commun pour la cuisine de Paul Bocuse. Cette année, le mythique restaurant étoilé de Bocuse célèbre son centenaire. Pour l'occasion, trois chefs partagent avec émotion leur admiration pour le grand chef, décédé il y a six ans.
Pierre Sang : "Le loup en croûte de Monsieur Paul est l'une des plus belles choses que j'aie jamais vues"
À chaque mention de Paul Bocuse, l'émotion est palpable pour Pierre Sang, chef de trois restaurants à Paris. Sa rencontre avec le maître de la cuisine française lors de Top Chef en 2011 reste gravée dans sa mémoire. "C'était un rêve devenu réalité pour ce petit gars de province. Il a été comme un père pour moi", confie-t-il. Depuis la disparition de Bocuse, Pierre a tissé des liens étroits avec sa famille et l'équipe du restaurant, n'hésitant jamais à revenir à Collonges, où il admire la cuisine exceptionnelle et les dressages soignés.
"Le loup en croûte de Monsieur Paul est un chef-d'œuvre. Je suis également inspiré par la soupe Élysée aux truffes noires", ajoute-t-il, affirmant l'importance de préserver l'héritage culinaire de Bocuse tout en permettant une évolution de la cuisine à Collonges.
Laëtitia Visse : "Il était tout simplement génial"
Laëtitia Visse, chef à La Femme du Boucher à Marseille, témoigne également de l'impact de Bocuse sur sa carrière. Sur Instagram, elle partage une photo touchante à ses côtés. Pour elle, Bocuse représente une figure emblématique dont l'héritage influence chaque plat qu'elle prépare. "Ma cuisine reflète sa générosité et son amour du plaisir culinaire", dit-elle, se rappelant son premier dîner à Collonges qui fut un moment mémorable. En amoureux, elle a même passé la nuit dans son van sur le parking du restaurant pour savourer cette expérience.
"C'était parfait, malgré son absence, l'esprit de Bocuse était présent à chaque bouchée. J'ai revisité le coq au vin sans le dénaturer, respectant l'œuvre de Monsieur Paul", précise-t-elle, ajoutant qu'il était vraiment un chef exceptionnel.
Christophe Hay : "Bocuse était un visionnaire"
Christophe Hay se remémore sa rencontre avec Paul Bocuse à l'âge de 23 ans comme un moment marquant de sa carrière. Sa formation au lycée hôtelier et son passage chez un chef étoilé l'ont préparé à cette rencontre qui a propulsé sa carrière. En dirigeant le restaurant Fleur de Loire, il continue de porter l'héritage de Bocuse en réinterprétant des classiques tout en gardant la tête tournée vers l'avenir.
"Chaque plat que nous servions au bistrot Bocuse à Orlando était préparé avec soin, et Monsieur Paul venait régulièrement vérifier que tout se passait bien. Son approche visionnaire continue d'inspirer de nombreux chefs aujourd'hui", conclut Christophe, espérant voir son ancien mentor reconnu à nouveau avec une troisième étoile.







