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En publiant son nouveau classement des 50 meilleurs restaurants mondial, le magazine britannique Restaurant souligne la transformation récente de la gastronomie. Désormais, cette dernière se divise en de nombreux genres et nouvelles cuisines - norvégienne, coréenne, péruvienne - apparaissent dans ce paysage culinaire saturé. Mais qui peut réellement juger la valeur d'une crêperie face à un comptoir de sushis? Personne. Ce débat est aussi futile que de comparer des artistes plasticiens ou des éléments naturels.
Ce palmarès met en lumière des figures emblématiques telles que Ferran Adria (El Bulli, Espagne) et Heston Blumenthal (The Fat Duck, Angleterre), tout en dressant un portrait statique de la scène culinaire actuelle, figée dans une notoriété préconçue. De plus, il est crucial de se pencher sur les intentions des 900 jurés à l’échelle mondiale, qui pour la plupart n'ont pas eu l'occasion de visiter les établissements récompensés. Souvent constitués de chefs anglophiles, ces jurés ne peuvent juger que pendant les heures de fermeture des restaurants. Certains, dans un effort pour encourager des talents émergents, se livrent même à des manœuvres de lobbying, causant ainsi des rétrogradations inattendues de chefs de renom, tels que Pierre Gagnaire et Gambero Rosso.
Un coup d'œil sur la liste montre l'absence presque totale du Japon, souvent célébré par le Michelin, ne comptant qu'une seule adresse : les Créations de Narisawa à Paris. Cette situation semble injustifiable, voire absurde, et mériterait d'être examinée de plus près. Néanmoins, le public reste conscient de ces paradoxes et se détourne de ces classements pour se tourner vers des expériences culinaires plus authentiques et contemporaines, où la liberté s'exprime pleinement. La gastronomie s'épanouit lorsque l'on ne cherche pas à la figer dans des normes, mais à la célébrer dans sa diversité.
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