Dans les cuisines modernes de Maison Michodière, la nouvelle adresse parisienne d'Hélène Darroze, j'ai eu l'opportunité de découvrir une approche culinaire innovante. Accompagné de la cheffe doublement étoilée et de Jean-François Têtedoie, j'ai participé à un atelier immersif.
“Rien ne se perd, tout se cuisine”, déclare Hélène en présentant une botte de carottes, feuilles comprises. À un mètre d'elle, je note avec attention chaque geste, chaque coup de couteau. Les arômes d'huile d'olive et de carottes rôties commencent à envahir l'espace, tandis que la cheffe se concentre sur cette humble légume, la transformant en un plat élégant et anti-gaspillage.
La carotte cuisinée dans sa totalité
La première étape est la cuisson des carottes sous vide. Sept carottes, soigneusement épluchées et frottées avec du gros sel, sont placées dans un sachet avec un mélange de jus d'orange, de citron vert et de kalamansi. “Cette cuisson à 95 °C concentre les saveurs”, explique Hélène avec enthousiasme. Après trente minutes d'attente, les carottes émergent fondantes et parfumées, prêtes à être glacées dans leur propre jus.
Parallèlement, des tranches de carottes se transforment en chips croustillantes au four. Hélène précise : “Normalement, je ne mets pas d'huile, mais un petit coup de pinceau d'huile d'olive ne fait pas de mal pour le goût!” Quinze minutes à 180 °C plus tard, ces chips se révèlent dorées et irrésistiblement légères.
Même les épluchures se cuisinent !
Ensuite, c'est le moment de préparer le jus d’épluchures, une véritable découverte. Après avoir fait revenir des oignons, elle ajoute les épluchures de carottes, de l’ail et un peu de bouillon de légumes, avant de laisser mijoter longuement. Le résultat est un concentré de saveur intense et légèrement sucré qui sublime les carottes glacées.
Les fanes ne sont pas oubliées : direction le mortier pour un pesto maison. Hélène, hilare, explique l'importance du travail manuel : “On tape, on mélange, on se muscle!” En ajoutant quelques noix et une touche de citron, elle décroche un pesto délicieux. Pour terminer, la cheffe dévoile son astuce : un sel de carottes fait d'épluchures séchées mixées avec du sel et des épices tandoori, un condiment qui apporte couleur et saveurs à n'importe quel plat.
L’assiette finale : plus qu’à dresser
Au moment de déguster, tout prend sens. Au fond de l’assiette, un peu de pesto de fanes sert de base. Les carottes glacées viennent ensuite, suivies d'une touche de cervelle de canut, et enfin, les chips croustillantes pour la touche finale. Un filet d'huile verte et une pincée de sel de carotte viennent parfaire l'ensemble. Le mariage des textures et des saveurs est exquis : croustillant, fondant, acidulé et frais, le tout avec la satisfaction d'avoir utilisé chaque partie de la carotte. Hélène conclut avec sagesse : “Quand on cuisine la carotte de cette façon, on réalise combien elle est riche.”







