Selon des experts, ce que nous mangeons pourrait influer sur notre bronzage. Une dermatologue et un médecin nutritionniste éclaircissent la situation.
Le bronzage ne dépend pas seulement des séances de soleil ou des compléments alimentaires. Pendant l'été, beaucoup croient que certains aliments riches en soleil peuvent améliorer leur teint. Qu'en est-il vraiment ? Nina Roos, dermatologue à Paris, et Jean-Michel Lecerf, médecin nutritionniste à l'Institut Pasteur à Lille, font la lumière sur ce sujet.
Des aliments pour un teint éclatant ?
Espérer bronzer plus rapidement grâce à votre assiette serait illusoire. Selon le médecin nutritionniste Jean-Michel Lecerf, aucune recherche actuelle ne prouve que les aliments peuvent accélérer ou prolonger le bronzage. « Cependant, des pigments orangés comme le bêta-carotène, un antioxydant présent dans certains aliments, peuvent légèrement influencer la teinte de la peau », précise-t-il.
Cela dit, le lycopène, un autre antioxydant, joue également un rôle. Ces ingrédients se fixent dans les tissus sous la peau, lui donnant une couleur plus chaleureuse. Intégrez donc à votre alimentation des aliments comme les tomates, les pastèques, les pamplemousses, les carottes, les mangues et les poivrons pour optimiser cet effet.
Antioxydants : un bouclier contre les UV
Bien que les aliments ne favorisent pas le bronzage, leur apport en antioxydants permet de protéger la peau des rayons UV et du stress oxydatif. En particulier, le bêta-carotène est reconnu pour sa capacité à créer une barrière contre les rayons nuisibles, comme l’explique la dermatologue Nina Roos. Cependant, une bonne alimentation ne remplace pas les précautions solaires.
Il est crucial de combiner l'apport en antioxydants avec l'utilisation d'une crème solaire à indice 50, recommandée trois semaines avant l'exposition, pour assurer une protection complète des couches épidermiques.
Les pièges des compléments alimentaires
Face à l'inconvénient de consommer des légumes, certains choisissent de se tourner vers des compléments alimentaires riches en antioxydants. Cependant, selon les experts, cette approche est discutable. « Les antioxydants issus des aliments sont assimilés de manière plus efficace par l'organisme que ceux en gélules, car la complexité des aliments favorise des interactions optimales dans le système digestif », avertit Jean-Michel Lecerf. Pour la plupart, ces suppléments ne devraient être envisagés que par ceux qui ne peuvent pas consommer de fruits et légumes ou qui sont très carencés.
Il est également essentiel de se méfier des doses élevées de bêta-carotène, car un apport excessif pourrait augmenter le risque de maladies graves, tels que le cancer du poumon. Deux théories tentent d'expliquer ce phénomène : l'une suggère que les antioxydants pourraient aussi protéger les cellules cancéreuses, tandis que l'autre évoque un effet « pro-oxydant ». Pour se prémunir, il est préférable d'opter pour une alimentation diversifiée, de limiter l'exposition au soleil et de veiller à une protection adéquate.







