Faut-il privilégier un avocat cultivé au Guatemala ou en Guadeloupe ? Existe-t-il une saison idéale pour le déguster ? Faut-il le choisir bio ou non bio ? L’avocat est à la fois savoureux et chargé de questions sur sa consommation en France. Nous éclaircissons ces points avec l’aide d’experts.
La popularité de l'avocat ne cesse de croître, devenant une star des réseaux sociaux et un incontournable des coffee shops. Selon Antoine Rochard, chargé de projet à la fondation Goodplanet, depuis 2003, les importations mondiales augmentent chaque année. En 2017, les Français ont consommé plus de 122.000 tonnes, se plaçant en tête des consommateurs européens. Malgré sa réputation, cette demande croissante a des implications sérieuses. La plupart des avocats que nous mangeons proviennent du Mexique, le premier producteur mondial. Ce boom dans l'industrie attire non seulement des bénéfices mais aussi des problématiques locales, telles que l'extorsion par des narcotrafiquants. Sur le plan environnemental, la production d'avocats ne fait pas le poids face à des problèmes de déforestation et de pollution. Peut-on alors consommer ces fruits de manière responsable ? Explorons les solutions possibles.
Favoriser l'agriculture biologique
Comment choisir un avocat ?
Lorsque vous choisissez un avocat, il existe plusieurs astuces. Pour les variétés à peau fine, pressez doucement le fruit : s’il cède légèrement, il est mûr. Pour les peaux épaisses, en secouant le fruit, si le noyau bouge un peu, c'est qu'il est prêt à être consommé, explique la diététicienne Sophie Vidal.
Il est important de se rappeler que la culture de l'avocat nécessite d'énormes quantités d'eau. Par exemple, un seul avocat demande 70 litres d'eau contre seulement 5 pour une tomate. Cela entraîne également des préoccupations dans les pays qui manquent d'eau, comme le Mexique. L'agriculture biologique est un choix judicieux car elle utilise moins d'eau, réduit le recours aux pesticides et protège ainsi l’environnement.
Origines : opter pour Guatemala, DOM-TOM…
La variété la plus populaire en France est la Hass, reconnaissable par sa peau fine et granuleuse. D'autres variétés comme la Fuerte sont également prisées. Si la production de ces avocats est majoritairement en Amérique du Sud, des pays comme Israël ou certains producteurs en Europe, notamment en Grèce et en Corse, s'imposent sur le marché. La Guadeloupe et d'autres DOM-TOM produisent également une quantité significative, avec des chiffres allant de 73 à 608 tonnes par an, selon la région. Il est essentiel d'encourager la consommation des produits locaux pour alléger la demande sur des zones à risque, comme le Mexique, malgré l'énorme surconsommation observée en Europe.
Le meilleur moment pour en consommer
Bien que l'avocat soit disponible toute l'année en France, il est intéressant de se questionner sur la saison optimale pour le consommer. Sophie Vidal indique que cela varie selon les origines des fruits. Par exemple, la récolte de la variété Hass s'étale de novembre à mai pour Israël, tandis que les récoltes africaines se concentrent entre mai et octobre. Toutefois, Antoine Rochard suggère de manger de l'avocat plutôt en hiver, en favorisant les productions d'Amérique du Sud. Cela pourrait aider à réguler la surconsommation et soutenir les producteurs locaux. D'autres alternatives locales aux bienfaits similaires, comme l'huile d'olive, méritent également d'être explorées lors de vos repas.
(1) Fondation créée en 2005 sous l'impulsion de Yann Arthus-Bertrand.
(2) Chiffres de l'Interfel, l'interprofession des fruits et légumes frais.







